đą Retour sur la rĂ©union du quartier Beauregard de lundi 9 fĂ©vrier, par Sarah Chouabbia
Le compte-rendu officiel sera publié (un jour) sur https://www.ville-poissy.fr/index.php/votre-mairie/infos-pratiques/comptes-rendus-des-reunions-de-quartier.html (vous y verrez que le dernier pour Beauregard, c'était en juin 2023...)
la rĂ©union a Ă©tĂ© ouverte de maniĂšre correcte, avec un temps de parole donnĂ© aux habitants. Ce point mĂ©rite dâĂȘtre reconnu.
1ïžâŁ Le point central : la responsabilitĂ© de la Ville
Rappelons que la veille sur son compte Facebook personnel, la maire a qualifiĂ© la situation du 92 rue de Villiers de « dĂ©sordre dâordre privĂ© relevant du bailleur et du syndic », en prĂ©cisant que la Ville intervient « dĂšs que les problĂšmes sont signalĂ©s ».
âĄïž Cette vision est extrĂȘmement problĂ©matique.
Quand on parle :
- dâabsence de chauffage
- dâhumiditĂ©, moisissures
- dâascenseurs en panne
- de parties communes dangereuses
- de nuisibles
- dâĂ©quipements pour enfants inexistants
- de chemins impraticables depuis des années
on ne peut plus parler de simple âdĂ©sordre privĂ©â.
2ïžâŁ Une confusion grave sur la Gestion Urbaine de ProximitĂ© (GUP)
La maire a expliquĂ© quâil existait des âtournĂ©es GUP une fois par moisâ.
âĄïž Une tournĂ©e mensuelle ne constitue pas une gestion urbaine de proximitĂ©.
Or, ce soir, il est apparu clairement que :
- la Ville ne se positionne pas comme arbitre
- il nây a pas de service structurĂ© dĂ©diĂ© Ă ce pilotage
- la logique reste rĂ©active (« quand câest signalĂ© »), pas prĂ©ventive
Câest exactement lâinverse de ce que doit ĂȘtre la GUP.
3ïžâŁ La question de lâabattement TFPB (taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s bĂąties)
Jâai posĂ© la question de savoir comment la Ville vĂ©rifie que les bailleurs utilisent rĂ©ellement lâabattement TFPB pour renforcer le cadre de vie.
RĂ©ponse donnĂ©e : certains bailleurs valoriseraient lâessentiel sur de la surgestion des dĂ©chets ?
âĄïž Cette rĂ©ponse montre surtout quâil nây a pas de contrĂŽle prĂ©cis et de confrontation entre ce qui est dĂ©clarĂ© et ce qui est visible sur le terrain.
4ïžâŁ Le problĂšme du « câest Ă vous dâaider vos voisins »
Il a Ă©tĂ© Ă©voquĂ© que beaucoup dâhabitants ne maĂźtrisent pas parfaitement la langue française pour se saisir du droit commun, et ici la rĂ©ponse apportĂ©e a Ă©tĂ© que ce serait aux habitants de les aider Ă accĂ©der aux services.
âĄïž Câest une inversion totale du rĂŽle des services publics.
Sinon, on accepte de fait une inĂ©galitĂ© dâaccĂšs aux droits.
5ïžâŁLes Ă©quipements et le cadre de vie
Sur les aires de jeux pour nos enfants totalement absentes du quartier progressivement depuis 2022, et lâĂ©tat impraticable des cheminements :
Réponse : « les aires de jeux vont bientÎt réapparaßtre ».
AprĂšs plus de 4 ans de travaux.
Cela montre surtout que :
- le cadre de vie quotidien nâa pas Ă©tĂ© la prioritĂ© ;
- la gestion du présent a été sacrifiée au profit du projet futur.
(6) Circulation et sĂ©curitĂ© routiĂšre : une rĂ©ponse rĂ©duite au âcivismeâ
La question de la circulation a Ă©tĂ© soulevĂ©e par un habitant, qui a dĂ©crit une conduite dangereuse, des automobilistes ne laissant pas passer les piĂ©tons, et un sentiment dâinsĂ©curitĂ© routiĂšre fort dans la ville.
Ce constat est partagé par de nombreux habitants.
âĄïž La rĂ©ponse apportĂ©e a renvoyĂ© principalement au manque de civisme.
Une politique de mobilité et de voirie suppose :
- un aménagement dissuasif (ralentisseurs, chicanes, plateaux traversants)
- une cohérence des passages piétons
- une visibilité et une continuité des aménagements
Or, Ă Beauregard, malgrĂ© des limitations Ă 30 km/h, lâabsence dâamĂ©nagements rĂ©ellement contraignants limite lâefficacitĂ© de ces rĂšgles.
(7) Déchets et encombrants : un problÚme collectif renvoyé aux habitants
Un autre habitant a Ă©voquĂ© la situation dâencombrements et de dĂ©pĂŽts sauvages rĂ©currents, dĂ©crivant des zones devenues des points noirs, parfois alimentĂ©s par des dĂ©pĂŽts extĂ©rieurs.
La rĂ©ponse apportĂ©e a, lĂ encore, mis en avant un manque dâĂ©ducation ou de civisme.
âĄïž Cette lecture est partielle.
Dans les quartiers en renouvellement urbain, la gestion des déchets et des encombrants relÚve aussi :
- de lâorganisation du service
- de la coordination entre bailleurs, syndics et collectivité
- de la prĂ©vention et de lâinformation
- de la présence de proximité
8ïžâŁAbri-bus : une logique contractuelle qui oublie lâusage rĂ©el
La question des abribus a également été abordée.
Plusieurs habitants ont rappelĂ© quâen plein hiver, certains arrĂȘts se sont retrouvĂ©s totalement dĂ©nudĂ©s, sans abri, sans banc, exposant les usagers Ă la pluie, au froid et mĂȘme Ă la neige.
La réponse apportée a surtout insisté sur :
- des questions de contrats et dâappels dâoffres,
- le fait que ces nouveaux abribus ne coûteraient « rien » à la collectivité,
- voire quâils gĂ©nĂ©reraient un bĂ©nĂ©fice via des partenariats.
âĄïž Cette justification appelle plusieurs remarques.
Ensuite, les nouveaux abribus installés sont certes plus « design », mais beaucoup moins ergonomiques :
- protection partielle contre la pluie et le vent,
- disparition des parois arriĂšre,
- bancs peu confortables, difficilement utilisables par des personnes ùgées ou fatiguées.
Enfin, la requalification reste incomplĂšte : de nombreux arrĂȘts ne sont toujours pas remplacĂ©s, laissant les usagers dans une situation dĂ©gradĂ©e pendant des mois.
âĄïž LĂ encore, la question de lâusage quotidien a Ă©tĂ© peu abordĂ©e, au profit dâun raisonnement essentiellement contractuel et financier
9ïžâŁĂcole du quartier : infiltrations dâeau ignorĂ©es depuis trois ans
Une habitante a Ă©galement rappelĂ© une situation extrĂȘmement grave : dans lâĂ©cole du quartier, des infiltrations dâeau se produisent dans une classe lors de fortes pluies. Les enfants ont parfois cours avec des seaux au sol.
La rĂ©ponse apportĂ©e a Ă©tĂ© quâil y aurait eu un problĂšme de transmission interne, le signalement nâĂ©tant pas arrivĂ© au bon service. Or, une situation qui dure depuis plusieurs annĂ©es ne peut pas ĂȘtre rĂ©sumĂ©e Ă un simple problĂšme de communication. Cela illustre un dĂ©faut de suivi, de coordination et de priorisation, dâautant plus inquiĂ©tant lorsquâil sâagit dâun bĂątiment scolaire accueillant des enfants au quotidien.
Conclusion finale :
Cette réunion a montré un énorme décalage entre des réponses techniques ou contractuelles et le vécu quotidien des habitants. Elle soulÚve une question centrale :
Si vous souhaitez connaßtre les propositions alternatives portées pour améliorer concrÚtement la gestion de proximité et le cadre de vie, une réunion publique aura lieu le 17 février au CDA.
Elle visera Ă ouvrir un espace dâĂ©change constructif autour des solutions possibles.
Mieux Vivre Poissy 2026 avec Mathieu Paranthoën


