Réunion de quartier Beauregard du 9 février 2026

Réunion de quartier Beauregard du 9 février 2026

12 Février 2026

📱 Retour sur la rĂ©union du quartier Beauregard de lundi 9 fĂ©vrier, par Sarah Chouabbia

Le compte-rendu officiel sera publiĂ© (un jour) sur https://www.ville-poissy.fr/index.php/votre-mairie/infos-pratiques/comptes-rendus-des-reunions-de-quartier.html (vous y verrez que le dernier pour Beauregard, c'Ă©tait en juin 2023...)

la rĂ©union a Ă©tĂ© ouverte de maniĂšre correcte, avec un temps de parole donnĂ© aux habitants. Ce point mĂ©rite d’ĂȘtre reconnu.

Mais le fond des rĂ©ponses apportĂ©es pose un problĂšme majeur de comprĂ©hension du rĂŽle de la Ville dans la gestion du quartier et la mise en Ɠuvre des dispositifs créés initialement pour garantir et renforcer notre cadre de vie au quotidien.

1ïžâƒŁ   Le point central : la responsabilitĂ© de la Ville

Rappelons que la veille sur son compte Facebook personnel, la maire a qualifiĂ© la situation du 92 rue de Villiers de « dĂ©sordre d’ordre privĂ© relevant du bailleur et du syndic », en prĂ©cisant que la Ville intervient « dĂšs que les problĂšmes sont signalĂ©s ».

âžĄïž Cette vision est extrĂȘmement problĂ©matique.

Quand on parle :

  • d’absence de chauffage
  • d’humiditĂ©, moisissures
  • d’ascenseurs en panne
  • de parties communes dangereuses
  • de nuisibles
  • d’équipements pour enfants inexistants
  • de chemins impraticables depuis des annĂ©es

on ne peut plus parler de simple “dĂ©sordre privĂ©â€.

On parle de santé publique, de sécurité et de dignité. Et à ce stade, la Ville a un rÎle.

2ïžâƒŁ   Une confusion grave sur la Gestion Urbaine de ProximitĂ© (GUP)

La maire a expliquĂ© qu’il existait des “tournĂ©es GUP une fois par mois”.

âžĄïž Une tournĂ©e mensuelle ne constitue pas une gestion urbaine de proximitĂ©.

La GUP, ce n’est pas une promenade d’élus : c’est un pilotage permanent, une coordination continue, un suivi des dysfonctionnements, un travail d’arbitrage entre acteurs.

Or, ce soir, il est apparu clairement que :

  • la Ville ne se positionne pas comme arbitre
  • il n’y a pas de service structurĂ© dĂ©diĂ© Ă  ce pilotage
  • la logique reste rĂ©active (« quand c’est signalĂ© Â»), pas prĂ©ventive

C’est exactement l’inverse de ce que doit ĂȘtre la GUP.

3ïžâƒŁ   La question de l’abattement TFPB (taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s bĂąties)

J’ai posĂ© la question de savoir comment la Ville vĂ©rifie que les bailleurs utilisent rĂ©ellement l’abattement TFPB pour renforcer le cadre de vie.

RĂ©ponse donnĂ©e : certains bailleurs valoriseraient l’essentiel sur de la surgestion des dĂ©chets ?

âžĄïž Cette rĂ©ponse montre surtout qu’il n’y a pas de contrĂŽle prĂ©cis et de confrontation entre ce qui est dĂ©clarĂ© et ce qui est visible sur le terrain.

Or, l’arbitrage de la valorisation TFPB est un levier essentiel de la GUP. Ce rîle, la Ville ne semble pas l’assumer.

4ïžâƒŁ   Le problĂšme du « c’est Ă  vous d’aider vos voisins Â»

Il a Ă©tĂ© Ă©voquĂ© que beaucoup d’habitants ne maĂźtrisent pas parfaitement la langue française pour se saisir du droit commun, et ici la rĂ©ponse apportĂ©e a Ă©tĂ© que ce serait aux habitants de les aider Ă  accĂ©der aux services.

âžĄïž C’est une inversion totale du rĂŽle des services publics.

Ce n’est pas aux habitants en difficultĂ© d’organiser l’accĂšs au droit commun. C’est Ă  la collectivitĂ© d’aller vers, de rendre ses services accessibles, comprĂ©hensibles et identifiables.

Sinon, on accepte de fait une inĂ©galitĂ© d’accĂšs aux droits.

5ïžâƒŁLes Ă©quipements et le cadre de vie

Sur les aires de jeux pour nos enfants totalement absentes du quartier progressivement depuis 2022, et l’état impraticable des cheminements :

RĂ©ponse : « les aires de jeux vont bientĂŽt rĂ©apparaĂźtre Â».

AprĂšs plus de 4 ans de travaux.

Cela montre surtout que :

  • le cadre de vie quotidien n’a pas Ă©tĂ© la prioritĂ© ;
  • la gestion du prĂ©sent a Ă©tĂ© sacrifiĂ©e au profit du projet futur.
La transformation sociale ne peut pas arriver “à la fin”. On ne suspend pas la vie d’un quartier pendant des annĂ©es.

(6) Circulation et sĂ©curitĂ© routiĂšre : une rĂ©ponse rĂ©duite au “civisme”

La question de la circulation a Ă©tĂ© soulevĂ©e par un habitant, qui a dĂ©crit une conduite dangereuse, des automobilistes ne laissant pas passer les piĂ©tons, et un sentiment d’insĂ©curitĂ© routiĂšre fort dans la ville.

Ce constat est partagé par de nombreux habitants.

âžĄïž La rĂ©ponse apportĂ©e a renvoyĂ© principalement au manque de civisme.

Cette approche pose problÚme. La sécurité routiÚre ne peut pas reposer uniquement sur le comportement individuel.

Une politique de mobilité et de voirie suppose :

  • un amĂ©nagement dissuasif (ralentisseurs, chicanes, plateaux traversants)
  • une cohĂ©rence des passages piĂ©tons
  • une visibilitĂ© et une continuitĂ© des amĂ©nagements

Or, Ă  Beauregard, malgrĂ© des limitations Ă  30 km/h, l’absence d’amĂ©nagements rĂ©ellement contraignants limite l’efficacitĂ© de ces rĂšgles.

RĂ©duire la question Ă  l’incivilitĂ© des habitants revient Ă  Ă©luder la responsabilitĂ© de l’amĂ©nagement.
***

(7) Déchets et encombrants : un problÚme collectif renvoyé aux habitants

Un autre habitant a Ă©voquĂ© la situation d’encombrements et de dĂ©pĂŽts sauvages rĂ©currents, dĂ©crivant des zones devenues des points noirs, parfois alimentĂ©s par des dĂ©pĂŽts extĂ©rieurs.

La rĂ©ponse apportĂ©e a, lĂ  encore, mis en avant un manque d’éducation ou de civisme.

âžĄïž Cette lecture est partielle.

Dans les quartiers en renouvellement urbain, la gestion des déchets et des encombrants relÚve aussi :

  • de l’organisation du service
  • de la coordination entre bailleurs, syndics et collectivitĂ©
  • de la prĂ©vention et de l’information
  • de la prĂ©sence de proximitĂ©
Quand ces dispositifs ne sont pas visibles, la réponse uniquement morale ne suffit pas.

8ïžâƒŁAbri-bus : une logique contractuelle qui oublie l’usage rĂ©el

La question des abribus a également été abordée.

Plusieurs habitants ont rappelĂ© qu’en plein hiver, certains arrĂȘts se sont retrouvĂ©s totalement dĂ©nudĂ©s, sans abri, sans banc, exposant les usagers Ă  la pluie, au froid et mĂȘme Ă  la neige.

La réponse apportée a surtout insisté sur :

  • des questions de contrats et d’appels d’offres,
  • le fait que ces nouveaux abribus ne coĂ»teraient « rien » Ă  la collectivitĂ©,
  • voire qu’ils gĂ©nĂ©reraient un bĂ©nĂ©fice via des partenariats.

âžĄïž Cette justification appelle plusieurs remarques.

D’abord, « zĂ©ro euro Â» pour la collectivitĂ© ne signifie pas « zĂ©ro impact Â» pour les habitants. Le critĂšre du coĂ»t ne peut pas ĂȘtre le seul prisme d’analyse.

Ensuite, les nouveaux abribus installĂ©s sont certes plus « design Â», mais beaucoup moins ergonomiques :

  • protection partielle contre la pluie et le vent,
  • disparition des parois arriĂšre,
  • bancs peu confortables, difficilement utilisables par des personnes ĂągĂ©es ou fatiguĂ©es.

Enfin, la requalification reste incomplĂšte : de nombreux arrĂȘts ne sont toujours pas remplacĂ©s, laissant les usagers dans une situation dĂ©gradĂ©e pendant des mois.

âžĄïž LĂ  encore, la question de l’usage quotidien a Ă©tĂ© peu abordĂ©e, au profit d’un raisonnement essentiellement contractuel et financier

9ïžâƒŁĂ‰cole du quartier : infiltrations d’eau ignorĂ©es depuis trois ans

Une habitante a Ă©galement rappelĂ© une situation extrĂȘmement grave : dans l’école du quartier, des infiltrations d’eau se produisent dans une classe lors de fortes pluies. Les enfants ont parfois cours avec des seaux au sol.

Selon les parents et l’institutrice, cela dure depuis environ trois ans.

La rĂ©ponse apportĂ©e a Ă©tĂ© qu’il y aurait eu un problĂšme de transmission interne, le signalement n’étant pas arrivĂ© au bon service. Or, une situation qui dure depuis plusieurs annĂ©es ne peut pas ĂȘtre rĂ©sumĂ©e Ă  un simple problĂšme de communication. Cela illustre un dĂ©faut de suivi, de coordination et de priorisation, d’autant plus inquiĂ©tant lorsqu’il s’agit d’un bĂątiment scolaire accueillant des enfants au quotidien.

Conclusion finale :

Cette réunion a montré un énorme décalage entre des réponses techniques ou contractuelles et le vécu quotidien des habitants. Elle soulÚve une question centrale :

comment passer d’une logique de rĂ©action Ă  une vĂ©ritable logique de pilotage, de prĂ©vention et de coordination ?

Si vous souhaitez connaßtre les propositions alternatives portées pour améliorer concrÚtement la gestion de proximité et le cadre de vie, une réunion publique aura lieu le 17 février au CDA.

Elle visera Ă  ouvrir un espace d’échange constructif autour des solutions possibles.

Mieux Vivre Poissy 2026 avec Mathieu Paranthoën

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